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La concrétisation d’un secteur privé africain

  
  
01 / 01 / 1970

 

La hiérarchisation des contraintes de développement en Afrique propulse le secteur privé parmi les secteurs phares qui peuvent tirer à la fois la croissance et la volonté politique en équilibrant le rapport de force entre l’Etat et le privé.

En apportant une réflexion économique centrée sur le secteur privé, la troisième conférence sur l’émergence en Afrique a usé d’un esprit de géométrie nécessaire pour faire le tri dans les urgences de l’Afrique.

À travers la plateforme d’échanges qu’elle offre, cette conférence donne la preuve palpable de la nécessaire vision transfrontalière que l’Afrique doit avoir sur des domaines tels que les investissements, l’entrepreneuriat, le secteur privé et l’émergence de manière générale.

Cette conférence a l’air d’être cette machine qui va secouer la vitalité moribonde de l’Union africaine usée par ses cycles infernaux de dynamisme et de torpeur. Elle est peut être cet acteur inattendu de l’intégration africaine que peinent à réaliser de façon aboutie l’Union africaine et la Cedeao.

La CIEA permet de comprendre les problèmes que les Africains partagent pour y apporter une réponse globale. Les infrastructures, le chômage de la jeunesse, l’instabilité, le problème du financement sont autant de maux dont le président Macky Sall, Ibrahim Boubacar Keita du Mali et le président de la Bad M. Adesina Akinwumi présents à la cérémonie d’ouverture en compagnie de la représentante de la France Ségolène Royale ancienne ministre de l’environnement, Achim Steiner administrateur du Pnud, ont répandu les échos.

L’Afrique sur plusieurs points se retrouve sur la même longueur d’onde et le secteur privé à lui seul cristallise un nombre important de ces maux. Donc l’essor du secteur privé sera une réponse naturelle à l’impossible toute puissance des Etats, à la faiblesse de la mobilisation intérieure des ressources, à celle du marché africain et au retard de l’Afrique dans les technologies et le numérique.

La plupart des pays africains comme l’a rappelé le président Macky Sall ont adopté une rupture dans leur paradigme économique qui se traduit par la recherche d’une transformation structurelle de leur économie ; de même s’engage une autre rupture visant le système éducatif qui fait lentement sa mue pour se concentrer sur les nouvelles technologies et le numérique qui sont le Graal d’un pays phare de l’émergence comme la Malaisie.

Il faut ajouter à cela la nécessité d’une autre rupture qui est la rupture bureaucratique pour pousser la jeunesse à l’entrepreneuriat. Nous avons une jeunesse dont la philosophie professionnelle est de chercher à se protéger du marché en devenant des employés du privé ou de la fonction publique au lieu de vouloir conquérir le marché par l’esprit d’entreprise : on dit que la meilleure manière de devenir riche c’est de créer une entreprise.

La faiblesse du secteur privé en Afrique est à la fois un mal et un indicateur de notre niveau de développement: aucun pays n’a émergé, affirma le président du conseil national du patronat Baidy Agne, sans le développement de son secteur privé qui a le pouvoir d’accélérer les dynamiques de croissance.

L’Etat a besoin du secteur privé qui a besoin de l’Etat et la complexité de cette relation se manifeste dans la recherche permanente d’un équilibre entre l’essor des entreprises locales et la pression fiscale, entre l’utilisation de l’expertise étrangère et l’expertise locale, entre la concurrence des entreprise étrangères et les entreprises locales, entre le financement des entreprise locales et celui de la protection sociale.

Mais les Etats ne doivent pas être seuls dans la recherche de cet équilibre. Le secteur privé doit compter davantage sur son indépendance, son organisation et sa créativité car le véritable allié du secteur privé à mon jugement est le secteur privé africain ; l’optimum de croissance en Afrique ne peut être réalisé que si les pays africains mettent en relation, ensemble, leurs hommes et leurs ressources.

Cela rend nécessaire la naissance d’organes et d’institutions dynamiques représentant le secteur privé africain qui certes a besoin de l’Etat et de ses réformes dans l’environnement des affaires, par exemple, mais doit aussi constituer une sorte d’aiguillon à la volonté politique vu le rôle qu’il joue dans une société à travers la création de richesses et d’emplois.



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